Jean-Christian BIVILLE
Jean-Christian BIVILLE appartient à une génération singulière de photographes de sport : avant de regarder le cyclisme à travers un objectif, il l’a vécu de l’intérieur. Formé très jeune à la photographie, notamment à la photographie industrielle, il mène parallèlement une carrière de coureur qui le conduit jusqu’au peloton professionnel.
Il partage ainsi le peloton avec quelques-unes des grandes figures de son époque, notamment Raymond Poulidor, dont il est l’équipier chez Mercier, et Joaquim AGOSTINHO au sein de la formation dirigée par Jean de GRIBALDY. En 1969, il remporte le Circuit de la Vienne, principal succès de sa carrière professionnelle. Celle-ci s’achève en 1970.
Cette première vie dans le cyclisme sera déterminante pour la seconde. Pendant près de trois décennies, il sera à la fois pilote et photographe de L’Équipe, parcourant les routes des grandes épreuves cyclistes, du début de saison jusqu’au Tour de Lombardie, avec une place naturellement centrale accordée au Tour de France. Ses photographies paraissent régulièrement dans le quotidien et certaines en font la une. Il couvre également d’autres disciplines, mais le cyclisme demeure le territoire privilégié de son regard.
Sa connaissance intime de la course constitue probablement la singularité essentielle de son travail. Jean-Christian BIVILLE sait lire une étape, comprendre les mouvements du peloton, pressentir l’endroit où une attaque peut se produire ou celui où une course est susceptible de basculer. Son expérience d’ancien professionnel lui permet ainsi de ne pas seulement suivre l’action, mais de l’anticiper. Au volant comme derrière l’objectif, cette compréhension du cyclisme lui donne accès à des positions et à des instants que l’on ne peut obtenir par la seule maîtrise technique de la photographie. L’Équipe souligne également le rôle joué par les relations que Jean-Christian BIVILLE avait conservées dans le milieu cycliste, notamment son amitié avec Jacques ANQUETIL, dont il partageait l’intimité.
Son regard est celui d’un photographe, mais aussi celui d’un ancien coureur qui sait exactement ce qui est en train de se jouer devant lui.