Jérôme BROUILLET
Né à Marseille en 1985, Jérôme BROUILLET grandit entre terre et mer, passant une grande partie de son enfance à bord du voilier familial. Cette proximité avec l’océan, la nature et l’observation nourrit très tôt son regard et deviendra l’un des fondements de son travail photographique. Passionné de sport, il découvre la photographie en accompagnant un ami photographe sur des compétitions de VTT de descente. Il comprend alors que l’image fixe permet de saisir un mouvement trop rapide pour être pleinement perçu à l’œil nu : un geste, une tension ou un instant suspendu. Cette attention au mouvement devient centrale dans sa pratique, notamment à travers les sports de glisse et les disciplines où le corps se confronte aux éléments.
En 2014, le photographe s’installe à Tahiti, où il trouve un territoire réunissant plusieurs de ses centres d’intérêt : l’océan, le surf et une nature propice à l’exploration photographique. Il commence par photographier les vagues et les surfeurs, avant d’élargir son travail au cyclisme, aux sports nautiques et au football.
Teahupo’o occupe une place particulière dans son parcours. Sa connaissance de la vague, du récif et des trajectoires des surfeurs lui permet d’anticiper l’action plutôt que de simplement la suivre. Cette maîtrise du terrain joue un rôle déterminant lors des Jeux olympiques de Paris 2024, dont les épreuves de surf se déroulent à Tahiti.
Le 29 juillet 2024, alors qu’il couvre la compétition pour l’AFP, Jérôme BROUILLET photographie le surfeur brésilien Gabriel MEDINA quelques instants après sa sortie d’une vague notée 9,90. Installé sur un bateau dans le chenal, il anticipe l’endroit où MEDINA doit réapparaître et déclenche au moment précis de sa sortie. Suspendu au-dessus de l’océan, le surfeur, parfaitement vertical, semble flotter dans les airs, son index tendu vers le ciel tandis que sa planche adopte presque la même orientation.
Sur les quatre images réalisées à cet instant, l’une connaît une diffusion mondiale. Désormais connue sous le titre « The Golden Moment », elle dépasse rapidement le cadre du reportage sportif. Sa composition épurée, la quasi-absence de repères entre ciel et océan et la correspondance entre le corps de Medina et sa planche lui confèrent une dimension presque irréelle. Diffusée par l’AFP, elle devient l’une des photographies les plus largement reprises des JO de 2024.
Cette image vaut à Jérôme BROUILLET une reconnaissance internationale. En 2025, elle remporte notamment le premier prix toutes catégories des World Sports Photography Awards, figure parmi les images primées du World Press Photo Contest, dans la catégorie Singles – Asia-Pacific and Oceania, et obtient la première place en Sport Action aux AIPS Sport Media Awards.