aloe hybride
Des Aloès portées au rang d’œuvre d’art, le pari gagnant du "jardinier fou"

Des Aloès portées au rang d’œuvre d’art, le pari gagnant du « jardinier fou »

Au centre de sculptures signées Guy Piret, ces plantes qui font partie de sa palette, sont exposées dans une galerie d’art prestigieuse à Brest. Le fil conducteur de l’expo ? Notre rapport à l’environnement. Impressionné à vie par la beauté des fonds marins, Guy Piret les réinvente en créant, en surface, des plantes grasses hybrides de la famille des succulentes. Collectionneur de pierres semi-précieuses, il a composé de véritables sculptures, associant ses créations botaniques à des pierres soigneusement choisies pour nous emmener dans le silence des profondeurs marines. Montrer la beauté du végétal et du minéral, c’est sa façon de nous inviter à le préserver.

Les Aloès hybrides  de Guy Piret mises en scène
© Guy Piret / Les Aloès hybrides de Guy Piret mises en scène

Guy Piret, jardinier inspiré, crée des Aloès hybrides pour restituer en surface la beauté des fonds marins.

Guy Piret, c’est d’abord un botaniste spécialisé dans les succulentes, ces petites plantes grasses que nous intégrons de plus en plus dans nos jardins ou jardinières. Non content de les observer et de les étudier, il s’est lancé dans la création d’Aloès hybrides : il en a aujourd’hui plus de 2000 à son actif ! Le fruit d’un travail assidu, fait d’échecs et de réussites. L’homme reste humble et a pour seule ambition de partager la beauté de ses créations, de procurer aux gens les plus belles émotions. Son temps à lui n’est pas celui des plantes, alors pour être sûr de les magnifier, Guy crée de véritables œuvres d’art qu’il entend bien exposer. Touchée par sa démarche et la beauté de ses sculptures évoquant les fonds marins, la galerie d’art Coemedia à Brest l’accueille, aux côtés de 13 artistes d’art contemporain, dans une immense exposition intitulée Nature Double, visible jusqu’au 26 février 2026. Pari gagné pour Guy Piret ! Ses œuvres y sont accueillies avec curiosité et admiration par le public mais, contrairement aux autres, elles ne sont pas à vendre. Les visiteurs les plus chanceux repartiront avec l’une ou l’autre des Aloès hybrides qui entrent dans ses créations, avec pour mission de bien les soigner et de les faire découvrir.

 Soigner le vivant

« Une plante, ce n’est pas un objet décoratif, une plante, c’est vivant. Si on ne peut pas s’en occuper, on ne l’achète pas » clame Guy Piret. Amener de la beauté dans nos jardins et nos intérieurs, c’est pour lui une source de bien-être mais il faut rendre à la nature ce qu’elle nous donne en prenant soin d’elle. Nées en laboratoire sous lumière artificielle, ses Aloès s’adaptent bien à l’intérieur si elles sont bercées par la lumière du jour, loin d’un radiateur. Rien de tel pourtant de leur offrir un bain de soleil au retour du printemps en sortant la jardinière mais attention, « les plantes sont comme nous, elles bronzent ! » ajoute Guy Piret. Plus elles sont de couleur claire, plus elles peuvent prendre rapidement un coup de chaud. A l’intérieur en revanche, les plus foncées, mal exposées, pourraient perdre un peu de leur éclat. Si Guy Piret est si attentif à ses Aloès, c’est qu’elles lui ont demandé beaucoup de travail : 20% de pertes en 5 ans, cela pourrait sembler peu mais pour le jardinier fou, comme on le surnomme, c’est beaucoup. « La nature a des capacités incroyables«  ajoute Guy Piret, « Moi, je ne fais que lui permettre d’aller un peu plus vite dans son processus de création ». Pour aider ses Aloès hybrides à voir le jour en laboratoire, Guy Piret s’est inspiré des techniques d’éclairage mises au point pour la création de murs végétaux intérieurs : l’arrivée du led, c’est une véritable révolution ! Ses jardinières destinées aux intérieurs en sont équipées, tout comme les créations artistiques qu’il expose à Brest.

Des plantes résilientes venues d’Afrique

Dans la vie, il n’y a pas de hasard. Installé en Bretagne depuis sa plus tendre enfance Guy Piret a des origines nord-africaines. C’est à la faveur d’un voyage en Algérie, sur les traces de son passé, qu’il redécouvre l’origine des succulentes pour lesquelles il se passionne. Importées en Californie où elles se sont parfaitement adaptées, elles ont fait leur apparition en Europe où elles ont dû s’acclimater. Mais les caractéristiques de ces plantes sont restées les mêmes : les écailles ou épines qu’elles présentent leur permettent de capter l’humidité de l’air, comme elles le font dans le désert au petit matin. Qu’elles se soient adaptées au climat humide de la Bretagne, ce n’est pas un miracle mais plutôt la preuve de la capacité du monde végétal à s’adapter, si on lui en laisse le temps. Malheureusement, l’activité humaine a conduit à une accélération du temps qui laisse beaucoup moins de chances au végétal. « Nous allons perdre encore beaucoup d’espèces » constate amèrement Guy Piret, y compris dans les fonds marins, sa source d’inspiration. Montrer le beau à tous ceux qui n’ont pas encore conscience qu’ils pourraient le perdre, c’est la façon de résister de Guy Piret. Dans son camp, il sait qu’il peut compter sur les jardiniers, lui qui s’émeut chaque jour, dans son activité professionnelle, du soin que les gens simples apportent à leur jardin.

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