District 13 : Le hot spot de la scène urbaine
District 13 : Le hot spot de la scène urbaine

District 13 : Le hot spot de la scène urbaine

District13 s’est imposée comme une référence dans le réseau international des événements d’Art Urbain contemporain. Une 7e édition qui tient toutes ses promesses.

Portée par la vision de Wissem Soussi, cofondateur et directeur de la foire, la 7e édition de District13 confirme sa position singulière dans le paysage culturel international. Ni foire tentaculaire ni événement formaté, elle revendique un format à taille humaine, permettant aux galeries comme aux artistes d’exister pleinement, et offrant aux visiteurs = collectionneurs, amateurs… professionnels, nouveaux acheteurs, une expérience lisible, dynamique et plurielle. Son ancrage parisien, au cœur de l’Hôtel Drouot, lui offre une légitimité rare et une visibilité croissante. Cette identité unique repose sur une sélection exigeante où la scène urbaine contemporaine se montre dans toute sa richesse. Une foire désormais incontournable, capable de conjuguer maturité, ouverture et dynamisme.

peinture bombe avec pochoirs

Dans un paysage culturel parisien très dense, quel rôle joue District13 dans la reconnaissance institutionnelle et marchande de l’Art Urbain ?

District13 Art Fair est née d’un constat : l’Art Urbain a conquis la rue, les murs et les imaginaires, mais il manquait encore un lieu identifié, lisible, où sa scène pouvait se montrer dans toute sa complexité à des collectionneurs, conservateurs, des institutions et des professionnels. Notre rôle, aujourd’hui, est d’être un point de convergence. La foire fonctionne comme un filtre : nous invitons des galeries qui travaillent sérieusement ce champ depuis longtemps, accompagnent les artistes dans la durée, produisent des expositions exigeantes. Cela permet au publio collectionneurs, commissaires = d’aborder l’Art Urbain dans un cadre professionnel, structuré, avec des œuvres, des prix, des dispositifs de médiation comparables à ceuxdes autres segments du marché de l’art. En ce sens, District13 contribue à la fois à sa reconnaissance symbolique, en installant l’Art Urbain au cœur du calendrier culturel parisien, et à sa reconnaissance marchande, en donnant une visibilité forte à des artistes qui circulent de plus en plus entre la rue, la galerie, la vente aux enchères et l’institution.

Adeline de Monpezat sur District 13

Où situez-vous District13 Art Fair dans le paysage international des foires dédiées à l’Art Urbain contemporain ?

Nous ne cherchons pas à être la plus grande foire, mais une foire de référence à échelle humaine. District13 s’inscrit dans un réseau international de foires et de rendez-vous consacrés à l’Art Urbain, mais avec une spécificité : notre ancrage parisien à l’Hôtel Drouot, au croisement d’une tradition très ancienne du marché de l’art et d’une scène contemporaine extrêmement vivante. Par son format volontairement maîtrisé, District13 est une foire de découverte autant que de confirmation. Les galeries françaises et étrangères y présentent des artistes historiques du mouvement, mais aussi des créateurs plus jeunes, qui expérimentent avec de nouveaux médiums, le numérique, l’installation, la sculpture.. C’est cette articulation entre héritage et exploration qui donne à District13 une place singulière dans le paysage international : une foire spécialisée, reconnue par les acteurs du secteur, qui reste lisible, accessible et propice aux échanges approfondis.

Comment District13 ArtFair évite-t-elle la standardisation ?

La standardisation menace toutes les foires :mêmes stands, mêmes accrochages, mêmes noms qui circulent d’un continent à l’autre. Pour l’éviter, nous travaillons sur trois axes : le format, la sélection et le récit. D’abord, nous limitons volontairement le nombre d’exposants afin de garder une échelle qui permette à chaque galerie d’exister pleinement. Ce n’est pas un hall impersonnel, mais un parcours. Ensuite, nous privilégions les projets curatoriaux: expositions personnelles, focus sur un médium, dialogues entre deux artistes… Nous demandons aux galeries de venir avec une proposition lisible, plutôt qu’un « best-of » accroché au mètre linéaire. Enfin, nous veillons à ce que la foire raconte quelque chose de son époque : la ville, évidemment, mais aussi les enjeux sociaux, politiques, écologiques qui traversent l’Art Urbain aujourd’hui. Ce travail de contenu, plutôt que de simple remplissage, est notre meilleure protection contre la standardisation.

L’Hôtel Drouot est une institution historique. Comment cette collaboration contribue-t-elle à ancrer davantage la foire dans le temps long et dans une continuité patrimoniale ?

Présenter une foire d’Art Urbain à l’Hôtel Drouot n’est pas un simple choix de lieu, c’est un geste. On introduit dans un bâtiment emblématique de l’histoire des ventes aux enchères une scène née dans la rue, longtemps perçue comme marginale, illégale, voire vandale. Cette rencontre crée un choc, mais un choc fertile. Drouot apporte un cadre patrimonial, une mémoire, une ritualisation du regard. Les collectionneurs qui y viennent pour d’autres segments du marché croisent l’Art Urbain dans un environnement qu’ils connaissent et respectent. Cela contribue à inscrire ces œuvres dans le temps long, à les sortir définitivement de l’idée d’une pratique uniquement éphémère ou marginale. Pour District13, cette collaboration signifie aussi une responsabilité : celle d’accompagner un mouvement qui passe progressivement du mur au patrimoine, en veillant à garder vivante sa dimension critique, populaire et expérimentale.

Que représente cette 7e édition en termes de maturité, de crédibilité et d’évolution dans l’écosystème de l’Art Urbain contemporain ?

Une septième édition, pour une foire spécialisée, est un cap. Cela signifie que les galeries nous font confiance sur la durée, que les collectionneurs reviennent, que les artistes considèrent District13 comme un moment important de l’année. Cette fidélité est un signe de maturité. En parallèle, nous sentons aussi une montée en puissance en termes de crédibilité :davantage de visites institutionnelles, de projets qui naissent de rencontres faites sur la foire, de collaborations entre artistes, galeries et acteurs publics. L’écosystème de l’Art Urbain a gagné en complexité. Notre rôle est désormais de non seulement en montrant des œuvres, mais en facilitant les dialogues, les mises en relation, la circulation des projets à l’échelle identifié, internationale. Cette 7e édition marque donc une étape :nous ne sommes plus la « petite nouvelle » des foires d’Art Urbain, mais un rendez-vous qui peut se permettre d’affirmer davantage ses choix curatoriaux.

Cette année, que proposez-vous de différenciant par rapport aux éditions précédentes ?

Nous poursuivons la logique d’un format resserre, mais en la raffinant. Les stands sont pensés comme de véritables univers : davantage de projets centrés sur un artiste ou un axe précis, avec quelques expositions personnelles particulièrement fortes qui permettent au visiteur d’entrer pleinement dans une démarche. La grande évolution, c’est aussi la présence renforcée des artistes eux-mêmes. Une cinquantaine d’entre eux seront présents sur la foire, dont certains, comme Hush = ambassadeur de cette édition après Seth lors de la précédente et auteur de l’affiche de la foire ou Hopare, pour des séances de dédicaces et des rencontres avec le public. Une bonne dizaine de performances et d’interventions en direct auront lieu au cœur des stands tout au long de l’événement. De nombreuses surprises sont à découvrir du côté des stands de la galerie Montorgueil, de la galerie Christiane Vallé, de la galerie One… pour ne citer qu’eux. Nous ouvrons par ailleurs un atelier participatif pour les enfants comme pour les adultes, afin d’inviter chacun à expérimenter les gestes de la création urbaine. Enfin, une intervention plus ludique, un distributeur de billets créé par un artiste londonien– dont nous ne pouvons pas encore dévoiler le nom pour le moment–viendra bousculer avec humour les codes de la valeur et de la collection, tandis que nous renforçons les temps de médiation, de discussions et de rencontres. Notre ambition est claire faire de District13 non seulement un lieu de transactions, mais une expérience vivante, rythmée et partagée autour de l’Art Urbain.

Quels aspects scénographiques ou curatoriaux avez-vous développés spécialement pour cette édition afin de renouveler le regard du public ?

Scénographiquement, nous avons travaillé sur de jeu : l’ouverture des volumes et la circulation du regard. à l’Hôtel Drouot, les contraintes architecturales sont fortes, mais nous les utilisons comme un terrain fusion de certains espaces, perspectives dégagées, respiration entre les stands pour éviter l’effet de saturation. Sur le plan curatorial, nous avons pensé la foire comme un ensemble de séquences plutôt que comme un alignement de boxes. Certains lieux proposent des accrochages plus immersifs, d’autres jouent sur le dialogue entre techniques = peinture, pochoir, collage, sculpture, installation, pièces numériques. Nous cherchons à surprendre le public, à déplacer les œuvres de leur zone de confort, tout en préservant la lisibilité de chaque proposition de galerie.

Les galeries présentes offrent unegrande diversité de démarches, d’esthétiques et de pratiques. Comment avez-vous travaillé pour que cette diversité fasse sens dans une vision curatoriale cohérente?

La diversité de l’Art Urbain est immense : graffiti, muralisme, pochoir, collage, abstraction, figuration, pratiques numériques, sculpture. Ce stickers, sont des subcultures à part entière, avec leurs codes, leurs histoires, leurs communautés. Notre travail n’est pas de les faire rentrer à tout prix dans un cadre trop sage, mais de créer des points de repère, des échos, destensions, afin que cette richesse reste lisible sans être normalisée. Concrètement, nous veillons à ce que certaines lignes apparaissent :des dialogues entre muralisme et pochoirisme, entre héritiers du graffiti et artistes qui travaillent aujourd’hui le pixel ou l’objet, entre écritures très graphiques et approches plus picturales.. Nous cherchons des résonances, mais nous assumons aussi les fractures : certains artistes se détachent par leur unicite, et c’est important de laisser ces singularités exister sansvouloir les aligner de forcedans un ordre curatorial qui necorrespondrait pas à l’esprit d’un mouvement jeune, dynamique et souvent transgressif. Au fond, la cohérence de District13 vient moins d’une mise en ordre que d’un fil rouge la ville comme terrain de jeu, de lutte, de poésie. En parcourant la foire, on passe d’artistes historiques à une nouvelle génération très expérimentale, et c’est dans cette circulation, dans ces contrastes assumés, que le visiteur peut saisir à la fois la profondeur et l’extrême vitalité de l’Art Urbain contemporain.

Le public de District13 Art Fair a-t-il changé ?

Oui, le public a clairement évolué au fil des éditions. Nous avons aujourd’hui un noyau de collectionneurs spécialisés dans l’Art Urbain, qui suivent la foire d’année en année, viennent voir les artistes qu’ils collectionnent déjà et repérer de nouvelles signatures. Mais ce qui est très frappant, c’est la façon dont une partie du publio se transforme : des visiteurs qui arrivaient comme simples spectateurs deviennent progressivement collectionneurs. Nous voyons aussi beaucoup de jeunes qui demandent à leurs parents de leur offrir une œuvre, parfois comme premier achat d’art : cette transmission se joue directement dans les allées de la foire. On observe également un rajeunissement et une plus grande diversité des profils. District13 attire des trentenaires et quadragénaires très familiers des cultures urbaines, mais aussi un publio plus large, français et européen, souvent en découverte de l’Art Urbain. Certains visiteurs découvrent en même temps la foire et l’Hôtel Drouot, puis reviennent pour assister aux ventes aux enchères et enchérir à leur tour. A l’inverse, on voit un public habituel de Drouot, plutôt attaché à d’autres segments du marche, acheter des œuvres de Street Art qu’il ne connaissait pas ou peu. Ce mélange de regards et de trajectoires fait la singularité du publio de District13 : un publio en mouvement, qui ne se contente pas de regarder, mais qui, très souvent, franchit le pas de l’acquisition. C’est dans cette circulation entre découverte, désir et passage à l’acte que l’on mesure le rôle de la foire dans la structuration d’une nouvelle génération de collectionneurs d’Art Urbain.

 

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