
Des collections privées bretonnes et parisiennes sortent de l’ombre jusqu’au 9 mai à la galerie d’art Le Comœdia, à Brest. Avec l’exposition « Regard de collectionneurs, du moderne au street art », six collectionneurs acceptent exceptionnellement de dévoiler une partie de leurs collections privées et de les proposer à la vente. Cent trente œuvres de 35 artistes sont présentées. Diverses, elles couvrent un large éventail : art moderne, art asiatique, expressionnisme et street art. Ils ont tous souhaité rester anonymes, car pour eux la collection relève d’une démarche personnelle et intime.
Des profils divers…
« L’histoire de l’art ne se construit pas seulement grâce aux musées, critiques ou institutions, mais aussi grâce aux collectionneurs, acteurs essentiels mais souvent invisibles. La majorité d’entre eux ne se définissent même pas comme collectionneurs, beaucoup se considèrent simplement comme amateurs d’art ou acheteurs occasionnels », explique Anna Vlaminck, la responsable de la galerie. « Les profils évoluent, de l’homme âgé de plus de 50 ans et issu de milieux aisés ou de professions libérales, aux jeunes de la génération Z (née entre 1997 et 2012) qui achètent davantage d’art. Les femmes jouent un rôle croissant et dépensent même plus que les hommes à travers des choix artistiques plus audacieux ».
…et des motivations multiples
Les motivations sont multiples et souvent mêlées : la passion pour l’art, la découverte de nouveaux artistes, le soutien à la scène artistique, l’investissement ou la spéculation et la recherche d’émotion ou d’expression personnelle. « Certains collectionneurs décrivent leur collection comme une autobiographie en œuvres d’art, ou comme une manière de changer leur regard sur le monde. Historiquement, les collectionneurs ont même permis à des mouvements comme l’avant-garde ou l’impressionnisme d’exister, en achetant des œuvres que les institutions refusaient » rajoute Vincent de Monpezat, responsable de l’accrochage.
