Six collectionneurs brestois, bretons et parisiens participent à une exposition au Comœdia à Brest
La Galerie Le Comœdia à Brest ouvre gratuitement au public l’exposition Regards de collectionneurs.

On ne peut se passer des artistes, des musées, des historiens – la liste n’est pas exhaustive – pour qu’existent les expositions, mais il est un acteur « bien souvent discret » et qui joue un rôle très important, « le collectionneur ou la collectionneuse », résume Adeline de Monpezat, directrice de la galerie d’art Le Comœdia, à Brest.
« Mises à part quelques personnalités très médiatisées, la grande majorité des collectionneurs d’art sont anonymes. » Une étude montre que 70 % d’entre eux ne se considèrent pas comme tels et 14 % comme simples acheteurs d’art.
La galeriste s’amuse à en dresser un portrait-robot. « Jusqu’à présent, il s’agissait plutôt d’un homme d’âge mûr, diplômé, disposant de revenus confortables et francilien. » Il semblerait que les lignes soient en train de bouger.
Une autre étude a récemment mis en lumière « que la génération Z achète davantage que la génération X et que les boomers, et que les femmes ont dépensé 46 % de plus que les hommes en 2024 en affichant une belle audace dans leurs choix ». Plus de 50 % de collectionneurs achètent des pièces à moins de 1 000 euros.
Passionnés, défricheurs…
Les motivations qui poussent à devenir collectionneur sont bien sûr très diverses. On trouve « les passionnés, les défricheurs, les spéculateurs et aussi ceux qui recherchent une certaine gratification sociale ».
Voilà donc le contexte de la nouvelle exposition du Comœdia, qui met l’accent sur ceux qui soutiennent les artistes, « pas seulement les œuvres » et participent par leurs achats à la construction de l’histoire de l’art.
Six collectionneurs brestois, bretons et parisiens participent à l’événement. « Ils ont tous souhaité l’anonymat », pour que l’attention se concentre sur les artistes et non sur leur histoire intime.
Environ 130 œuvres de 35 artistes se partagent l’espace. Quelques paroles parmi celles des six collectionneurs : « Le collectionneur, c’est l’ombre. L’important, c’est la lumière que l’œuvre produit. » « Ma collection, en quelque sorte, c’est mon autobiographie. » Ou encore : « On n’achète pas une œuvre d’art pour la posséder, on l’adopte parce qu’elle change notre manière de regarder le monde. »
