Bruno CHAROY
Né en 1964, Bruno CHAROY découvre très tôt la photographie à travers sa mère, photographe amateur, qui réalise elle-même ses tirages noir et blanc dans la salle de bains familiale. Il est cependant d’abord attiré par la musique et se consacre pendant plusieurs années à la guitare et au rock. Ce n’est qu’à l’approche de la trentaine qu’il envisage sérieusement de devenir photographe, encouragé par des amis professionnels qui décèlent dans ses images personnelles un regard singulier.
Il vend alors ce qu’il possède et part aux États-Unis, où il réalise un carnet de voyage en suivant le fleuve Connecticut. Ce travail lui ouvre en 1993 les portes du quotidien Le Jour. L’aventure du journal sera brève, mais elle marque le véritable début de sa carrière professionnelle.
Bruno CHAROY s’impose ensuite principalement dans le portrait, collaborant avec la presse nationale et le monde de l’édition. Écrivains, artistes, personnalités politiques ou figures du spectacle passent devant son objectif. Son travail privilégie une relation directe avec le modèle et une composition dépouillée, cherchant moins l’effet que la présence et la personnalité du sujet. Il vit et travaille aujourd’hui à Paris.
Parallèlement à ces commandes, il développe un travail personnel. Avec la série Tracks, consacrée à l’univers des hippodromes, il s’éloigne du reportage sportif traditionnel. Cavaliers, chevaux, pistes et tribunes deviennent les éléments d’une recherche graphique en noir et blanc. Bruno CHAROY conserve notamment de son passé argentique au moyen format une prédilection pour le cadrage carré, qu’il continue à construire mentalement lorsqu’il travaille en 24 × 36.
Présentée notamment au festival Sportfolio en 2016, la série témoigne d’une photographie où le sujet sportif devient matière à composition. Chez Bruno CHAROY, le portrait comme l’hippisme procèdent finalement d’une même recherche : isoler dans le réel une présence, une attitude ou une forme et lui donner, par le cadrage, son autonomie photographique.