
Speedy Graphito
Les années 80, c’est l’avènement du graffiti et du hip-hop aux États-Unis et leur déferlement en France et en Europe. C’est aussi le temps où les galeries ne sauront ouvrir leurs portes à la jeunesse créative, qui en retour investira la rue pour y déployer ses talents, ses émotions et ses messages.
Ces années se font le berceau artistique de Speedy Graphito. Il est l’un des précurseurs du street art français à Paris, il mêle graffiti, culture pop et critique sociale. Son style se distingue par un mélange d’imagerie populaire, de références à la bande dessinée, au cinéma et aux icônes culturelles, le tout souvent avec une dimension humoristique et satirique.
Il s’intéresse à des personnages comme Mickey Mouse, Superman ou Lucky Luke, qu’il détourne pour critiquer la société de consommation, l’invasion de la publicité et la domination de l’image.
Puis, Speedy chemine vers le street art figuratif. Contrairement aux icônes et super-héros détournés du milieu des années 80, ces figures introduisent une réflexion sur l’enfance et l’imaginaire. Ses œuvres sont à la fois ludiques, critiques et iconiques, préparant son entrée dans les galeries au début des années 90. Il s’inspire désormais de ses débuts de street artiste dans ses toiles, et fait de nombreuses références à ce milieu dans certaines des œuvres que l’on retrouve exposées ici au Comoedia. C’est le cas, par exemple, de Art de Merde qui se constitue, en arrière-plan, d’un amas de bombes de peinture, outils prisés des street artistes, et d’une écriture blanche qui rappelle les tags, écritures revendicatrices qui couvrent les espaces urbains.

Art de merde – 2011
Speedy Graphito